samedi 25 août 2007, par
Les derniers revirements au sein de l’État de Locquetas laissent penser à une crise d’une ampleur insoupçonnée. Qu’en restera-t-il demain ?
Le fait est de notoriété publique. Depuis plusieurs années à présent, le Locquetas traverse sans discontinuer des crises d’ampleur variable. Entre successions d’attentats contre les dirigeants, blocage des institutions, torpeur économique et inefficacité administrative, l’État demeure fortement ébranlé, et ses bases malsaines ne lui permettront pas de se renforcer avant d’importantes réformes. Voici du moins l’avis du vice-Roi, le duc de Carnac, qui a récemment procédé, en l’absence du Régent, à la nomination du Prince de Lautrec, Monsieur Borr, à la primature. Ce dernier s’est empressé de nommer un Gouvernement réduit, dont la tâche devait être, selon ses propres termes, le retour au centralisme locquetien. Monsieur Borr identifie en effet le fédéralisme comme source de la gangrène qui ronge l’État depuis le changement de constitution, et entend mettre un terme à ce montage institutionnel maladroit et excessivement lourd.
Mais les velléités du régent ont hier refait surface. Amorcer une politique audacieuse de réforme était en effet sans compter sur la passion du pouvoir et de la manœuvre que l’on connaît aux Venceslas : et de fait, le vuc de Carnac a été, par décret royal, limogé de sa fonction de vice-Roi, et des procédures judiciaires sont en cours pour contrer les premières mesures du Gouvernement. De son côté, ce dernier a tout dernièrement fait savoir qu’il ne laisserait pas tomber la justice, qui se doit d’être impartiale, aux mains d’un groupe politiquement intéressé – cette attaque faisant suite à la nomination, sans raison apparente, d’une certaine Mademoiselle Watson à la présidence de la Cour suprême.
On le voit, les querelles intestines ont finalement triomphé, une fois de plus, d’une volonté politique courageuse et éclairée. Preuve que la situation est encore pressentie pour s’enfoncer davantage, les Zollernois, voyant dans le Locquetas des Venceslas un appui précieux – mais pour combien de temps encore ! – dans leurs volontés d’ingérer dans le fonctionnement politique des États étrangers, ont fait savoir expressément qu’ils soutiendraient le régent dans sa croisade contre le Gouvernement réformateur. À se demander si l’on ne marche pas, dans ces régions septentrionales reculées, sur la tête.