vendredi 14 août 2009, par
Le Zollernberg, en tentant de soustraire le Laufenbourg a l’autorité légitime d’Angmar-Persis, démontre une nouvelle fois qu’il n’a qu’un désir : le triomphe de la force brute sur la civilisation. Avaricum se dressera contre cette nouvelle tentative d’hégémonie.
Alors que circulent des rumeurs d’une série de victoires décisives sur les forces coalisées du Piémont, de l’Anjou et du Maisne après un début de campagne en demi-teinte, l’Empire pourrait affronter une nouvelle épreuve. Dans ce contexte international peu favorable où Avaricum fait face à un soulèvement antizorthodoxe au Skotinos, que la guerre du Maisne n’est pas achevée, nous apprenions avec une certaine stupeur la déclaration d’indépendance de l’archiduché de Laufenbourg. Cette indépendance regarde a priori l’Empereur d’Angmar-Persis, puisque c’est son territoire qui se trouve amputé d’une part extrêmement stratégique et vitale pour lui. Mais que le peuple avarois ne s’y trompe pas : cet événement est la démonstration nouvelle de la bassesse qui règne dans certaines gouvernements septentrionaux.
En premier lieu, la scission du Laufenbourg fragilisera durablement et même irrémédiablement la double-couronne. Elle prive la monarchie de nombreux soldats et de grandes richesses. Elle lui crée un possible ennemi dont la politique, pour conserver son indépendance, sera de se soumettre aux rivaux d’Angmar-Persis, c’est-à-dire Ys, le Locquetas, ou le Zollernberg. Et déjà ce dernier se presserait déjà d’envoyer une ambassade à Grazstatdt, capitale du Laufenbourg. Content de sa prise, le Zollernberg ne met aucune précaution à capturer sa proie. Par là même, Angmar-Persis se verrait contraint d’essuyer une cinglante défaite face au Zollernberg, ou de s’y soumettre. Il va sans dire que le grand-duché cherchera à pousser son avantage avec vigueur et force. Il va aussi sans dire que les Nations civilisées n’admettront jamais un pareil affront : l’honneur, pas la souillure !
L’Empire d’Angmar-Persis rassemble deux États bien distincts aux mœurs fort éloignées : mélange hétéroclite de chevaliers sortis du du Moyen-Âge qui montent des dragons, et d’aristocrates persiens se réclamant de l’antiquité yssoise, vénérant des Dieux bien étrangers à la Zorthodoxie. Priver Angmar de la moitié de son territoire reviendrait à créer un déséquilibre presque insurmontable pour la double-monarchie : premiers contributeurs à la force de leur pays, les puissants satrapes persiens — seigneurs de grandes régions disposant d’une très large autonomie et ayant à leurs ordres une armée — seraient bien à même de plier l’Empereur à leur volonté, car le monarque s’est souvent appuyé sur ses forces angmariennes pour calmer les ardeurs autonomistes de ses vassaux. Il y a quelques années, la nomination du comarque Chrysogone de Celste d’Origène à la tête de l’une des plus puissantes satrapies a manqué de plonger tout l’État dans un grand désordre.
Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle touche un allié qui nous est cher. L’Empereur d’Angmar-Persis a épousé la première sœur du Roy d’Yrusalem, nièce de l’Empereur d’Avaricum. Persis est notre principal allié dans la région, et nous lui devons une certaine filiation, puisque la noblesse qui vint conquérir la Nouvelle-Alexandrie, encore peuplée de barbares, venait de ce fraternel Empire septentrional. Les liens du sang sont aussi fort que ceux de l’esprit : le raffinement culturel qui caractérise l’élite avaroise n’est pas fort éloigné de celui de l’aristocratie d’Angmar-Persis.
Il ne fait finalement presque aucun doute que c’est le Zollernberg qui cherche à déstabiliser la région et à affaiblir nos alliés les plus chers ! Le Zollernberg, de sa grosse patte poilue d’ours affamé essaie d’attirer à lui nos frères. Il a forcé l’archiduc, marié à la seconde sœur du roy d’Yrusalem et elle aussi nièce de l’Empereur d’Avaricum, à se séparer d’Angmar. Cette attaque est dirigée tout autant vers Angmar et Persis, que vers Avaricum ! Dans ces circonstances où les forces brutes du désordre et de la domination viennent troubler le grand cheminement de la lumière et de la seule civilisation de l’Archipel, le peuple d’Avaricum tout entier se dresse et n’a qu’un seul désir : la guerre.