Naissance à la cour

vendredi 31 août 2007, par Ernest-Antoine de Morny

La famille Impériale s’agrandit d’un Prince ; le Dauphin Léto-Victorien pourrait bien en faire les frais…

L’heureuse nouvelle est venue du Grand Maître d’Empire, aujourd’hui, sur le coup de midi : la Maison de Valois compte désormais un troisième héritier, l’Infant Mithridate. Aussitôt dévoilée, la nouvelle a fait le tour de la capitale, et les carillons ont résonné pendant plus d’une heure dans les clochers. Cette naissance apparaît en effet, aux yeux de nombreux courtisans avertis, comme une bénédiction pour les affaires de la Couronne.

D’une part, l’on n’osait plus, depuis quelque temps, évoquer le nom de Léto-Victorien sans crainte de se voir rappeler les nombreux problèmes soulevés par la dernière Régence en date. Il était dès lors clair qu’une succession digne de ce nom à la suite du Très Éclairé Empereur Édouard s’annonçait difficile, tant il est vrai que le Prince Léto a acquis une exécrable réputation auprès des Cours étrangères en l’espace de quelques mois. Mais surtout, l’Église ne pouvait consentir à bénir, même par provision, l’accession au Trône d’une grande puissance zorthodoxe, d’un Prince ayant fait injure à l’autorité du Bienheureux Siège – l’affaire du carzinal de Fleury est restée dans toute les têtes, quand bien même elle fut, par la Grâce des Dieux, résolue récemment.

L’on pourrait néanmoins s’interroger quant à la solution qu’apporte une naissance à ces épineux problème. Qu’on sache alors qu’il se murmure, sans pour l’instant que rien ne vienne corroborer cette hypothèse, que le nouvel héritier, bien que puiné, pourrait être appelé à devenir Dauphin, en lieu et place de son frère. Ce dernier, toujours dans ce dessein incertain, se verrait alors contraint d’intégrer les ordres, sous le patronage du Carzinal de Fleury, afin de racheter ses offenses aux Dieux. Naturellement ce scénario n’a sans doute pour l’heure rien d’arrêté, et il serait bien étonnant que l’Empereur décide de confier dans l’immédiat le Dauphiné au nouveau-né. D’autre part, le Prince Léto-Victorien n’acceptera sans doute pas de céder le Dauphiné aussi facilement, bien qu’il n’ait dans les faits aucun pouvoir pour en empêcher son père.

Dans ces conditions, les prochains mois révèleront sans doute beaucoup d’inattendu…

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