Une passation de pouvoirs entérinée ?

mardi 30 octobre 2007, par Ernest-Antoine de Morny

Les derniers bénéfices de la Couronne, accordés par Lettres Patentes du 29 octobre aux Princes du sang, tendent à confirmer les hypothèses faisant de l’Infant Mithridate le nouvel héritier au Trône.

C’est une véritable révolution qui s’est opérée ce soir au Palais Aragon. Sur le fond comme sur la forme, trois nouvelles pratiques semblent avoir trouvé dans les dernières Lettres Patentes une consécration officielle. Il s’agit d’abord du rôle du Grand Maître d’Empire : sans que l’on sache encore précisément si cette prérogative puisse être attachée dorénavant à la charge elle-même ou à son détenteur – le Duc de Villecombe, membre éminent du Cabinet Privé de l’Empereur – il convient de noter que pour la première fois depuis un temps immémorial, un Grand officier a obtenu préséance sur les autorités chancelières en matière de promulgation. Il faut toutefois relever ici le caractère exceptionnel des ces lettres, concédant en un acte pas moins de cinq titres différents aux Princes du sang – le Dauphin et l’Infant Mithridate – dont quatre sont liés à la jouissance de domaines nobiliaires. Selon bon nombre de courtisans, le fait que le Duc de Villecombe ait promulgué est à rapprocher à la fois des nombreuses conséquences de l’acte – que nous énoncerons tout à l’heure – et de l’actuelle mésestime du Grand monde avarois à l’égard des Skotinecs, dont il faut rappeler que le Prince n’est autre que… le Chancelier de Sa Majesté.

Nombreuses conséquences, disions-nous, au nombre desquelles il faut en voir au moins deux, marquant les deux nouvelles pratiques dont il nous reste à parler. Et en premier lieu, rien moins que la résurgence d’un titre jadis commun, mais dont l’usage s’est perdu au fil du temps : le Principat d’Aragon. Celui-ci était, jusqu’au XVIe siècle et la signature du Traité de l’Harmonie des Nations, concédé par le Roi de Castillon à celui de ses fils qu’il destinait au Trône et qui ne portait point le titre de Dauphin, plus tardif. La pratique de l’époque n’a cependant jamais connu de cas où coexistaient un Dauphin et un Prince d’Aragon, lorsque du moins les deux titres eurent un usage possiblement simultané. La récente élévation de l’Infant Mithridate à l’honneur de ce titre remet en cause cet équilibre, et l’on aura logiquement déduit ce qu’en dernier lieu ces Lettres Patentes impliquent de nouveauté : la disposition du Trône. Rares sont les cas où l’Empereur décida, par le passé, de priver son fils aîné de la succession, en quoi était consacré l’usage de ne point laisser à quiconque le loisir de désigner un nouveau monarque à la mort du précédent. En organisant une transition du successorat de l’aîné au cadet, l’Empereur a donc choisi sciemment de déroger à la coutume au profit de considérations plus pragmatiques – eût-il été raisonnable de laisser au Prince Léto-Victorien le Trône de l’Empire ? Nul ne peut cependant affirmer avec certitude qui, à ce jour, des deux Princes du sang, accèdera à la dignité d’Héritier au Trône… Les voix du Souverain sont impénétrables.

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