dimanche 16 août 2009, par
En s’essayant à grappiller des avantages commerciaux au nez et à la barbe de l’Empereur-Roi Klausdène III, le Zollernberg prouve encore une fois qu’il place l’intérêt avant l’honneur.
La maxime de Vauvenargues, célèbre moraliste rançois établi à une époque à Castillon-Villeroy, est pourtant sans appel : « La noblesse est la préférence de l’honneur à l’intérêt », disait celui qui, de son modeste piédestal, aurait sans peine pu toiser certains « grands » de ce monde et leur faire la leçon. Il est indéniable en effet pour qui s’attache à observer l’activité diplomatique de ces derniers jours que certaines puissances dont nul ne contestait naguère la très grande probité ont cédé honteusement aux sirènes du peu zorthodoxe dieu-argent.
Cette idole, à qui l’on sacrifie sans distinction l’âme d’une nation, sa conduite morale, ses principes d’ordre social et le souvenir de ses ancêtres, a semble-t-il conquis un nombre croissant d’adeptes à Wilhelstaufen. Opium d’une « élite » bourgeoise à l’arrivisme détonnant, son culte se confond avec celui des ventres rebondis et des manigances argentées, et son autel est constamment encensé des enivrantes vapeurs du lucre-roi. Ses dogmes ne sont qu’autant d’antithèses des principes zorthodoxes fondamentaux, et prescrivent une conduite politique aventureuse et belligène, et naturellement immorale. Aussi l’hérésie croissante qui se développe dans le sein d’un peuple à la piété jadis indiscutable s’oppose-t-elle frontalement aux principes de civilisation que sont la déférence aux coutumes juridiques, le respect des préséances et la pudeur en faits de négociation.
À l’exact opposé de ceux-ci, les événements récents, dont le Mercure Galant s’est déjà fait l’écho dans ses colonnes, prouvent s’il en était besoin que la ligne politique du cabinet Ztrazhbury est très précisément alignée sur celle du premier marchand de poissons venu : s’assurer des profits financiers suffisants en œuvrant contre les lois et coutumes qui, précisément, empêchent l’avènement du commerce comme principe de gouvernement.
L’exemple de sagesse que l’Empereur, en son Conseil d’État, a voulu donner par le moyen de son dernier communiqué, doit éclairer le Zollernberg : une puissance qui honore ses traités, prend fait et cause pour les droits d’une couronne zorthodoxe lésée par des agissements déloyaux et léonins, enfin s’efforce, en intentions et en actes, de préserver la paix fondée sur des principes politiques consacrés par les siècles, peut réellement prétendre à l’état de civilisation ; au contraire d’une autre qui place en sus de tout le calcul de son profit, la préservation des intérêts de l’échoppe et la garantie de se congratuler le ventre plein.